Vivre la canicule de 2026 sans climatisation: ce que nous avons appris à Estia
Ceux qui suivent de près l'évolution du climat attendaient cette vague de chaleur de 2026. Il y a plus de six ans, MétéoSuisse nous avait expliqué que la canicule de 2003, exceptionnelle par son intensité, reviendrait probablement après 25 à 30 ans, avec entre-temps plusieurs épisodes de plus faible amplitude. Puis les événements extrêmes deviendraient progressivement plus fréquents, jusqu'à ce que, vers les années 2060, les canicules aujourd'hui considérées comme exceptionnelles deviennent beaucoup plus courantes.

Figure 1 : Extrait du rapport du projet OFEN CoolingVent réalisé par Estia avec un graphique de MétéoSuisse montrant le nombre de jours tropicaux
Elle n'aura finalement pas attendu 25 ou 30 ans.
Elle est arrivée cette année. Un peu plus tôt, 23 ans après.
Dans le projet CoolingVent, j'avais déjà simulé le climat de cette année avec plusieurs recommandations, tant pour les vagues de chaleur (chapitre 3.2.3) que pour le climat futur, actuel en 2026 (chapitre 3.2.5).
À Estia, nous étions préparés
À Estia, nous avons progressivement mis en place une stratégie très simple de gestion de nos bureaux.
Nous surveillons collectivement et collégialement nos stores pour nous protéger du rayonnement solaire, et gérons l'ouverture des fenêtres afin de profiter au maximum de la ventilation nocturne. La dernière personne quittant le bureau le soir effectue un dernier tour pour vérifier que les protections solaires sont correctement positionnées (stores fermés, lames à 45°) et que les fenêtres sont ouvertes en imposte.
À Estia, le dress code est libre et les collaborateurs peuvent adapter leur habillement au climat et à la météo. Nous avons également abandonné les ventilateurs sur pied, bruyants et peu agréables, au profit de brasseurs d'air plafonniers ultra silencieux. Ils créent un mouvement d'air doux et confortable, sans les turbulences désagréables des ventilateurs classiques.

Cette gestion fonctionne.
Mais une année exceptionnelle comme 2003 ou 2026 finit toujours par mettre à l'épreuve les limites de tous les systèmes et de toutes les mesures prises.
C'est exactement ce qui s'était passé en 2012, mais dans l'autre sens : pendant plusieurs semaines, les températures étaient descendues sous −15 °C. Les rives du lac avaient gelé. Mon cerisier de 80 ans avait rendu l'âme. Et de nombreux systèmes de chauffage mal conçus ou mal réglés avaient eu de la peine à maintenir les bâtiments à 20 °C.
Les événements extrêmes sont intéressants précisément parce qu'ils permettent de voir où se trouvent les limites d'un système.
Jusqu'où peut-on aller sans climatisation ?
Globalement, cet été, à Estia, nous avons tenu bon.
Le matin, les températures intérieures se situaient généralement entre 24 et 27 °C. Au fur et à mesure que la journée se réchauffait, elles atteignaient généralement 28 à 29 °C en fin de journée. Cela peut sembler beaucoup pour quelqu'un habitué à considérer 26 °C comme une limite absolue du confort.
Mais cette limite de 26,5 °C, souvent citée dans la presse, ne correspond pas à la situation de tous les bâtiments. Elle est notamment associée aux exigences applicables aux bâtiments climatisés. Pour les bâtiments non climatisés, la norme SIA 180 raisonne autrement : elle tient compte de la température extérieure et de la possibilité pour les occupants d'adapter leur comportement.


Dans certaines conditions exceptionnelles, des températures intérieures allant jusqu'à 28, 29, voire 30 ou 31 °C peuvent ainsi rester compatibles avec les critères de la norme.
C'est notamment là qu'intervient une notion peu intuitive pour le grand public : la température extérieure moyenne glissante sur 48 heures.
Tout le monde connaît la température extérieure instantanée et, surtout, la température maximale annoncée dans le bulletin météo. Mais la température maximale extérieure n'est pas, à elle seule, le bon indicateur pour comprendre les conditions de confort d'un bâtiment. La température moyenne extérieure sur 48 heures donne une indication beaucoup plus pertinente de la sollicitation thermique du bâtiment. Et elle est difficile à appréhender intuitivement.
Par exemple, une température intérieure de 29 °C peut être parfaitement cohérente avec les conditions prévues par la SIA 180 lorsque la température extérieure moyenne sur 48 heures est de l'ordre de 24 °C, pour un bâtiment suffisamment protégé contre la chaleur. Une température moyenne de 24 °C sur 48 h correspond aux journées où l'on voit dans la météo une température maximale d'environ 32 °C.
Un bâtiment non climatisé n'est donc pas tenu de maintenir 26 °C lorsqu'il fait 36 °C à l'extérieur. C'est à l'occupant de s'adapter ou de trouver une solution convenable.
Le moment critique : 11 heures du matin
Il existe une autre difficulté : notre perception de la température extérieure ne nous indique pas toujours ce qu'il faut faire avec les fenêtres.
La température moyenne de la journée est très souvent proche de la température extérieure mesurée vers 11 heures du matin.
C'est justement à ce moment-là que, dans beaucoup de situations, la température extérieure commence à dépasser la température intérieure.
Il est alors généralement temps de fermer les fenêtres et de conserver la fraîcheur accumulée pendant la nuit.
Il existe toutefois des situations particulières. Une façade ensoleillée avec des stores gris ou foncés peut fortement chauffer l'espace situé entre le store et la fenêtre. Dans ce cas, laisser la fenêtre ouverte peut au contraire faire entrer de l'air plus chaud, même avant 11 h du matin.
La gestion efficace d'un bâtiment en période de canicule demande donc un minimum de compréhension de son fonctionnement. Et surtout, elle demande de regarder la météo autrement que par la seule température maximale annoncée.
29 °C n’est pas 29 °C
Il est vrai que, même lorsqu’elles sont considérées comme acceptables dans certaines conditions exceptionnelles par la SIA 180, des températures de 28 à 31 °C ne sont pas agréables ou supportables pour tout le monde.
La situation devient encore plus difficile lorsque l’humidité augmente.
C’est là que le simple brasseur d’air fait des miracles.

Figure 3 : tous les bureaux de Estia sont équipés d’un ventilateur plafonnier de haute performance et ultra silencieux
Il ne refroidit pas réellement l'air de la pièce, mais augmente fortement les échanges de chaleur entre le corps et l'air.
La température ressentie peut ainsi diminuer de 2 à 3 °C selon la vitesse de brassage. C'est une technologie extraordinairement simple, peu énergivore et particulièrement adaptée à notre climat.
La grande leçon de 2026 : il faut regarder la météo du weekend
Mais cette année, nous avons appris quelque chose de nouveau.
Il ne suffit pas de gérer correctement les fenêtres et les stores pendant les heures de travail. Il faut également regarder la météo du week-end.
Jusqu'à présent, notre expérience était plutôt rassurante.
Lorsque les bureaux étaient inoccupés le samedi et le dimanche, nous laissions les fenêtres en imposte afin de profiter de la fraîcheur nocturne malgré le réchauffement de la journée.
Le bilan entre les gains de chaleur pendant la journée et la dissipation pendant la nuit était généralement positif. Le lundi matin, nous retrouvions un bureau frais, généralement légèrement au-dessus de 27 °C, mais quand même plus frais qu'un bureau fermé.
La deuxième vague de la canicule de 2026, nous a montré la limite de cette stratégie. Après plusieurs semaines d'accumulation de chaleur dans les murs et les planchers, un weekend avec des nuits tropicales et des journées caniculaires peut inverser complètement le bilan.
Imaginons un week-end où la température moyenne dépasse 25 °C, avec des maximales supérieures à 32 °C et des minimales supérieures à 22 °C. C'était le cas les 28 et 29 juin de cette année, comme le montre le graphique ci-dessous.

Figure 4 : Évolution des températures dans les bureaux est et ouest d’Estia (open space communicant)
Laisser les fenêtres ouvertes tout le week-end ne refroidit alors plus le bâtiment.
Au contraire.
Le lundi matin, nous avons retrouvé 29 °C à l'intérieur dans le bureau avec les fenêtres orientées à l'est. Le bureau ouest, bien qu'il s'agisse d'un "open space" communiquant, a refroidi à 27 °C, mais cette fraîcheur n'était pas suffisante pour refroidir tout le bureau.
C'est là que nous avons également saisi le rôle du vent. La légère brise nocturne venant de l'ouest fait entrer l'air frais de 23,5 °C depuis la fenêtre ouest, tandis que l'air chaud sort par la fenêtre du bureau Est.
Et si l'on n'a pas réussi à refroidir le bâtiment pendant la nuit, il devient ensuite pratiquement impossible de rattraper le retard pendant la journée. On ne peut plus que limiter les dégâts. On voit sur le graphique que les 30 juin et 1er juillet ont été des jours chauds avec des températures supérieures à 31 °C vers la fin de la journée.
Quand le bâtiment s'adapte : le nomadisme intérieur
C'est là qu'interviennent les mesures d'urgence.
À Estia, nous avons expérimenté une forme de nomadisme intérieur. Nous avons vite remarqué que le matin, à l'arrivée au bureau, il faisait plus chaud dans les bureaux situés à l'Est.
Certains collaborateurs ont alors occupé le matin les bureaux situés à l'Ouest, lorsqu'ils étaient libérés par des collègues en télétravail. D'autres ont adapté leur jour de télétravail. Et, en dernier recours, nous avons augmenté la vitesse des brasseurs d'air.
Avec une bonne hydratation, supporter davantage de bruit pendant quelques heures est préférable à travailler à plus de 30 °C sans brassage d'air.
Cela peut sembler anecdotique. Ça ne l'est pas.
Cela montre simplement qu'un bâtiment résilient n'est pas seulement un bâtiment bien conçu. C'est aussi un bâtiment dont les occupants peuvent adapter l'usage en fonction des conditions climatiques.
Une canicule, une école
À part l'incident des fenêtres laissées ouvertes pendant un week-end particulièrement chaud, qui nous a quelque peu perturbés, nous avons passé un merveilleux été.
Même les jours où nous avons eu plus chaud dans les bureaux, il n'y a pas que les heures passées devant l'écran. Nous avons la chance d'être dans un environnement privilégié au EPFL Innovation Park, où les aménagements extérieurs ont été transformés depuis des années en oasis de fraîcheur. Les pauses midi sous les arbres, plutôt que dans la cafétéria, ont été des moments de détente et d'interaction avec les collègues très agréables.
Nous avons eu beaucoup de mandats concernant la surchauffe des bâtiments et nous avons été particulièrement productifs.
Dans le cadre du projet de recherche INBLANC, nous avons également terminé notre méthode de diagnostic de la résilience des bâtiments aux vagues de chaleur. Nous l'avons testée sur deux parcs immobiliers, ceux de la CPEG et des HUG, avec des maîtres d'ouvrage qui souhaitent préparer leurs bâtiments au climat à venir.
Figure 5 : Deux immeubles du même propriétaire en béton préfabriqué. Le brun prend de températures de plus de 50° avec les éléments métalliques avoisinant les 60°C. La température de celui de couleur claire se situe autour de 40°C. Les aménagements extérieurs du bâtiment clair sont arrosés pendant la canicule avec la température de l’herbe autour de 29°C (Tair >35°C) alors que l’herbe sèche prend autour de 50°C et la partie bétonnée ou goudronnée voisine les 60°C.
Cette expérience est importante parce qu'elle change l'échelle du problème.
Si le temps du bâtiment est un temps long, celui d'un parc immobilier est un temps très long.
On ne rénove pas plusieurs centaines de bâtiments en quelques années.
Le temps très long des parcs immobiliers
L'urgence climatique a pris une grande partie de l'Europe de court cette année.
Pourtant, nous savons depuis longtemps que le climat change. Et il n'existe pas de solution miracle.
La transition énergétique nous montre à quel point les transformations du parc immobilier sont lentes. Il a fallu des décennies et des milliards d'investissements simplement pour commencer à transformer les bâtiments afin de réduire leurs consommations d'énergie et leurs émissions de CO₂.
Comment pourrait-on alors faire beaucoup plus vite pour les adapter aux canicules ?
La question est particulièrement importante lorsqu'on raisonne à l'échelle d'un parc immobilier.
Dans 10, 15 ou 30 ans, une canicule de l'amplitude de celle de 2003 ne sera plus nécessairement considérée comme exceptionnelle.
Même avec une bonne gestion des stores et des fenêtres, il y aura des journées pendant lesquelles il faudra faire quelque chose de plus pour rendre les températures limites supportables.
Et je reste convaincu que nous pourrons largement nous passer de climatisation. Nous avons pu le faire à Estia cette année, sans souffrir.
Deux équipements simples pour le bâtiment post-changement climatique
Pour les bâtiments non climatisés, deux solutions très simples devraient progressivement se généraliser.
Les brasseurs d'air ultra silencieux
Ils permettent d'abaisser de 2 à 3 °C la température ressentie, pour une consommation électrique extrêmement faible.
Leur intérêt est d'autant plus grand que le climat suisse de 2060 devrait rester relativement favorable à cette solution : pas trop chaud et, surtout, pas trop humide.
Un léger rafraîchissement
Il faudra également exploiter les possibilités de rafraîchissement déjà présentes dans les bâtiments.
Par exemple :
rafraîchir légèrement une dalle lorsque le bâtiment dispose d'un chauffage au sol ou d'une dalle active ;
rafraîchir l'air lorsqu'un système de ventilation permet de le faire ;
utiliser la production d'ECS par pompe à chaleur pour récupérer du froid et rafraîchir simultanément l'air d'un système double flux ;
utiliser un rafraîchissement adiabatique de l'air de pulsion lorsque les conditions s'y prêtent.
L'objectif n'est pas de maintenir artificiellement 22 °C toute la journée. L'objectif est de rendre supportables les quelques heures où le bâtiment atteint ses limites. C'est une différence fondamentale.
Une hiérarchie des mesures d'adaptation
Si nous devions aujourd'hui hiérarchiser les solutions pour les bâtiments qui ont trop surchauffé cet été, nous commencerions par les mesures les plus simples.
Mettre en place des protections solaires réellement efficaces.
Des stores de couleur claire qui permettent la ventilation naturelle sans freiner ou 1 Et si nous avions trop d'électricité solaire ? Un argument revient régulièrement : puisque nous aurons beaucoup plus de photovoltaïque, nous pourrons utiliser les surplus d'électricité solaire pour climatiser les bâtiments. Je n'y crois pas. préchauffer l'air. Et si les utilisateurs sont trop peu rigoureux dans leur gestion, il faut les automatiser.
Supprimer les rayonnements solaires parasites.
Les cages d'escaliers, circulations, halls et lobbies d'entrée vitrés sans protection solaire peuvent devenir de véritables radiateurs en période de canicule.
Permettre une ventilation nocturne réellement efficace et sûre.
Cela implique de repenser l'objet « fenêtre ». La fenêtre post-changement climatique ne sera peut-être plus simplement une fenêtre oscillo-battante. Une oscillo-battante sans protection adaptée n'est pas idéale pour assurer une ventilation nocturne sécurisée. Une fenêtre battante l'est encore moins. Et une fenêtre coulissante, dans beaucoup de configurations, encore moins. La question de la ventilation nocturne devra probablement conduire à inventer une nouvelle génération de fenêtres qui peuvent rester ouvertes pendant la nuit en toute sécurité. L'automatisation de quelques ouvrants dans les circulations est une mesure simple qui permet aux bâtiments isolés de dissiper une bonne partie de la chaleur accumulée pendant la journée. Dans les cas où la masse thermique est cachée derrière de faux plafonds ou d'autres éléments, il faut la dégager dans la mesure du possible.
S'ouvrir aux brasseurs d'air.
Nous devons cesser de considérer le ventilateur comme un équipement provisoire ou de secours. Dans le bâtiment suisse de 2060, le brasseur d'air pourrait devenir un équipement normal du confort d'été.
Exploiter toutes les possibilités de rafraîchissement sans climatisation.
Le potentiel est considérable : dalle active, chauffage au sol, ventilation, pompe à chaleur, rafraîchissement adiabatique, récupération du froid associé à certaines productions de chaleur. Avant d'installer une climatisation, il faudrait avoir épuisé toutes ces possibilités.
Et si nous avions trop d'électricité solaire ?
Un argument revient régulièrement : puisque nous aurons beaucoup plus de photovoltaïque, nous pourrons utiliser les surplus d'électricité solaire pour climatiser les bâtiments.
Je n'y crois pas.
C'est même ma petite contre-prophétie pour 2060.
En 2060, une grande partie de la production d'ECS qui n'aura pas pu être couverte directement par le solaire sera électrique.
La mobilité sera largement électrique, y compris les engins agricoles et les engins de chantier.
Chaque ville aura ses centres de données. L'espace public et privé sera rempli d'écrans, fixes ou mobiles, qui consommeront de l'électricité pour afficher quelque chose. Et beaucoup d'autres usages que nous n'imaginons pas encore seront venus s'ajouter à la demande électrique. Je ne suis donc pas certain qu'en 2060 nous aurons beaucoup d'électricité solaire à « jeter » dans la climatisation.
L'expérience de l'Europe du Sud est d'ailleurs intéressante : les périodes où l'électricité solaire est réellement excédentaire ne correspondent pas nécessairement aux périodes où les besoins de refroidissement sont les plus importants. Les excédents apparaissent surtout en mi-saison, lorsque ni le chauffage ni la climatisation ne fonctionnent à leur maximum.
Au cœur d'une période caniculaire, lorsque tout le monde cherche à refroidir, la question devient au contraire celle de la puissance disponible.
Estia se prépare pour 2060
Estia est prête à affronter le climat de 2060 sans climatisation.
Pas parce que nous avons trouvé une solution miracle. Mais parce que nous avons appris à connaître les limites de notre bâtiment et à agir en conséquence.
Cette année a été une véritable école.

Figure 6 : Alors que nous avons eu la pire année de canicule après 2003, on voit la température dans deux bureaux de Estia et on voit qu’on a légèrement dépassé la température de confort pendant 4 jours ouvrables. A la prochaine canicule on saura comment les éviter aussi celles-ci.
Nous avons appris à mieux gérer les stores et les fenêtres, à regarder la météo sur plusieurs jours, à comprendre l’importance de la température accumulée dans le bâtiment, à adapter temporairement l’usage des locaux et à utiliser les brasseurs d’air lorsque cela devenait nécessaire.
Et surtout, nous avons confirmé quelque chose que nous savions déjà :
L’adaptation climatique ne consiste pas à chercher une technologie qui permet de tout ignorer. Elle consiste d’abord à comprendre le bâtiment, à exploiter intelligemment ce qu’il offre déjà et à intervenir seulement lorsque cela ne suffit plus.
C’est probablement ainsi que nous devrons préparer nos bâtiments aux canicules de 2060


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